Petits fétiches

Visuel de l’exposition solo « Petits fétiches » d’Émile Brunet, à voir à Kamouraska jusqu’au 24 mai. Une fraise et des mouches sur un mur de pierre.

Présentée du 2 au 24 mai 2026, l’exposition « Petits fétiches » réunit un corpus resserré de neuf tableaux où l’image agit comme une forme captive d’un récit. Chez Émile Brunet, il ne s’agit plus tant de représenter que de contenir — de faire tenir, dans un espace restreint, des entités à la fois précises et indéterminées, chargées mais opaques, comme des énigmes sans réponse.

Le fruit, motif central de la série, est d’abord abordé avec une rigueur presque analytique. Sa surface devient ensuite un lieu d’inscription, un seuil entre le tangible et le symbolique. Des images issues de registres anciens viennent s’y déposer, déplaçant la lecture en réinjectant du narratif et de l’affect là où dominait une objectivité statique. De cet écart naît une dynamique étrange, où désir et contrôle, fascination et contrainte cohabitent.

Les interventions — filet, perforation, tatouage — instaurent une logique de capture. Quelque chose est maintenu, comme si l’artiste cherchait à domestiquer le vivant, à fixer ce qui, par nature, échappe. Pourtant, une résistance persiste : celle de la matière, fragile et périssable, qui empêche toute stabilisation complète.

Chaque œuvre se présente ainsi comme une forme d’icône, frontale et autonome, mais traversée de tensions internes. Le petit format intensifie cette relation : il rapproche, invite à une lecture presque tactile, où l’intimité devient le lieu d’une concentration accrue.

Les œuvres ne seront pas diffusées en ligne, mais accessibles sur demande, à travers un catalogue PDF ou directement en galerie. Cette exposition marque le dernier événement avec Émile Brunet avant son envol vers une représentation exclusive à New York. Il ne reste que quelques semaines pour acquérir les œuvres de ses séries antérieures, qui seront ensuite définitivement retirées du marché, sa démarche prenant une nouvelle direction.