Créer des ponts pour faire rayonner la culture

Façade avant du Musée de Rimouski


Une collaboration tripartite pour soutenir la culture régionale

Dans un contexte où la collaboration devient un moteur essentiel du développement culturel, nous sommes heureux d’annoncer une nouvelle entente tripartite entre l’artiste Philippe Poullaouec-Gonidec, le Musée de Rimouski et la galerie Champagne & Paradis. Cette initiative, qui prendra son envol dès l’inauguration de l’exposition solo de Philippe à la galerie en janvier 2026, constitue pour nous un geste porteur de sens, profondément ancré dans les valeurs de notre région.

Le point de départ : un geste de solidarité

L’histoire de cette collaboration commence à l’été 2025, alors que Philippe offre généreusement un pourcentage des ventes de son atelier lors d’une vente-bénéfice pour soutenir la réouverture du Musée de Rimouski. Ce geste de solidarité a été le point de départ d’une réflexion plus large sur la manière dont les artistes, les institutions et les galeries peuvent travailler ensemble à renforcer l’écosystème culturel du Bas-Saint-Laurent.

En choisissant de représenter Philippe à la galerie, nous souhaitions honorer cette démarche. Rapidement, l’idée d’une entente tripartite a émergé : une façon de prolonger et d’amplifier le geste initial de l’artiste. Ainsi, pour chaque œuvre vendue en galerie dans le cadre de sa représentation, 10 % des ventes seront remis au Musée de Rimouski. Non seulement cette contribution continue de soutenir le Musée dans son renouveau, mais elle établit un pont vivant et durable entre nos trois entités.

Penser la collaboration grâce au concept du rhizome

Pour réfléchir à la portée de cette initiative, nous nous sommes inspirés d’un concept fondamental en philosophie, le rhizome, développé par Gilles Deleuze et Félix Guattari. Ce modèle propose une vision non linéaire, non hiérarchique, où les relations se tissent de manière organique, multiple et interconnectée. Cette image du rhizome, appliquée au milieu culturel, permet de penser des collaborations qui émergent, s’étendent et se nourrissent mutuellement.

C’est dans cette perspective que la consultante en art Caroline Houde a abordé, dans un article marquant, la notion de co-création rhizomatique. Son travail éclaire l’importance de s’inspirer du vivant pour faire émerger des dynamiques créatives nouvelles, et il nous a guidés dans la conception de notre entente. En effet, plutôt que d’agir en circuit fermé, nous avons choisi d’avancer ensemble, de relier nos forces et de laisser croître cette collaboration à la manière d’un réseau vivant, tout en permettant à chacun de préserver sa singularité en tant qu’entreprise, individu ou organisme, avec ses idées et ses valeurs.

Travaillant de concert — galerie, artiste et Musée —, nous développons actuellement une stratégie commune pour diffuser, expliquer et faire rayonner cette entente. Cette façon de penser les communications est elle-même un geste rhizomatique : chaque voix, chaque perspective viennent enrichir le récit collectif et amplifier la portée de l’initiative.

La culture comme moteur du développement territorial

La foule était heureuse de la réouverture du Musée de Rimouski

Cette démarche s’inscrit dans une conviction profonde : la culture joue un rôle essentiel dans le développement territorial. Elle renforce l’identité d’une région, stimule son attractivité et nourrit un sentiment d’appartenance. En créant ce pont entre un artiste, une galerie et un musée, nous souhaitons démontrer de manière concrète la capacité des collaborations à soutenir la vitalité du Bas-Saint-Laurent — et, possiblement, à inspirer d’autres régions. Nous croyons que cette façon de faire a le potentiel d’éveiller de nouvelles perspectives rythmées par le partage, fédérant ainsi des forces collectives et vivantes au sein, notamment, de nos milieux culturels.

Faire croître ensemble un réseau vivant

Enfin, il s’agit pour nous de la première entente de ce type, mais certainement pas la dernière. Cette collaboration ouvre un espace où la culture peut se développer autrement : par des alliances, par la confiance et par la mise en commun de visions complémentaires.

Nous sommes résolus à poursuivre sur cette voie et à imaginer d’autres partenariats tout aussi porteurs, que ce soit avec d’autres institutions culturelles ou avec des acteurs de différents secteurs du Bas-Saint-Laurent. Car si cette initiative nous enseigne une chose, c’est que la culture s’épanouit réellement lorsqu’elle circule, lorsqu’elle s’enracine dans le territoire et lorsqu’elle se nourrit de la force collective.

Plus que jamais, nous croyons que faire germer ensemble des idées nouvelles peut transformer durablement nos milieux culturels. Et c’est avec enthousiasme que nous souhaitons contribuer à ce mouvement — un réseau vivant, sensible et solidaire, à l’image de la région qui nous inspire.

 

Par Camille Paradis, propriétaire et directrice artistique chez Champagne & Paradis, en collaboration avec Philippe Poullaouec-Gonidec et l’équipe du Musée de Rimouski

Mention de source pour les images de l’article : Ève Patenaude, Musée de Rimouski





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