Une deuxième entente tripartite est signée

Une deuxième entente tripartite est signée

Un nouveau pont culturel est créé

La galerie Champagne & Paradis est heureuse d’annoncer la mise en place d’une deuxième entente tripartite, cette fois avec l’artiste Chloé Giroux-Bertrand et le Musée du Bas-Saint-Laurent, à Rivière-du-Loup.

Concrètement, un montant équivalent à 5 % des ventes annuelles des œuvres de Chloé sera remis au Musée afin de contribuer à son soutien financier et à la poursuite de sa mission.

Ce geste s’inscrit dans la continuité d’une première entente du même type que nous avons instaurée auparavant (avec le Musée de Rimouski), portée par une même conviction : les galeries, les artistes et les institutions muséales ne sont pas des entités isolées, mais des maillons interdépendants d’un même écosystème culturel.

Une réalité préoccupante pour les musées régionaux

Les musées régionaux de l’Est-du-Québec font actuellement face à des défis majeurs : sous-financement chronique, hausse des coûts d’exploitation, essoufflement des ressources humaines, difficulté à maintenir des conditions adéquates de conservation et de diffusion. Cette réalité, loin d’être abstraite, a une incidence directe sur notre public, mais aussi sur les artistes.

En effet, lorsque les musées fragilisés doivent réduire leurs activités, ce sont aussi les lieux de diffusion professionnels, reconnus et essentiels qui s’amenuisent. Des lieux où les œuvres peuvent être vues, comprises, contextualisées. Des lieux qui donnent une portée publique, institutionnelle et mémorielle au travail des artistes.

Nous avons été profondément touchés par cette situation. Non seulement parce qu’elle menace un pan fondamental de notre paysage culturel, mais parce qu’elle touche à quelque chose de plus vaste : l’accès de proximité à des espaces consacrés à la réflexion, à l’évasion, au beau.

Pourquoi le beau est essentiel

On dit souvent que les musées servent à s’instruire. C’est vrai. Ils permettent de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons, d’en saisir les nuances, les tensions, les transformations.

Mais ils font plus que cela.

Vue de l'exposition Ces liens qui nous tissent, au Musée du Bas-Saint-Laurent. Crédit photo Jean-François Lajoie

Ils offrent une pause.

Dans la vitesse des journées, dans l’accumulation des obligations, dans les préoccupations personnelles, financières, humaines, les musées deviennent des espaces d’évasion nécessaires. Des lieux où l’on peut simplement se tenir devant une œuvre, respirer, ressentir.

L’art est sans doute plus essentiel que jamais, et paradoxalement plus mécompris que jamais.

Contempler la beauté, c’est apprendre que nous pouvons nous réinventer. C’est aussi apprendre à aimer sans posséder. À être touché sans vouloir saisir.

La beauté demeure un mystère. Quelque chose d’indéfinissable.

Aristote parlait de l’artiste comme de celui qui imite la nature, non pas en la copiant, mais en imitant sa puissance créatrice — cette manière qu’a la vie de vibrer, de se transformer, de se réinventer. Imiter, donc, ce qui est par essence inimitable. *

Platon, lui, voyait dans l’expérience du beau une tension vers l’ailleurs. Nous sommes ici, mais attirés vers là-bas. L’émotion esthétique nous fait frissonner de cet ailleurs et nous permet d’habiter le monde plus largement, plus intensément. Elle nous rappelle aussi que la présence totale nous échappe, et que nous avons besoin de cet appel pour nous sentir pleinement vivants. *

N’est-ce pas lorsque nous observons une percée de lumière éphémère sur un rocher que nous prenons soudainement conscience du moment présent ?

Les musées rendent ces moments possibles.

* Inspiré de Quand la beauté nous sauve de Charles Pépin

Une collaboration naturelle avec Chloé Giroux-Bertrand

Une photo d’un tableau in situ de l’artiste Chloé Giroux-Bertrand, captée par Guillaume Monette.

Pour Chloé Giroux-Bertrand, cette entente avec le Musée du Bas-Saint-Laurent s’inscrit dans une relation déjà bien vivante.

Elle a notamment signé le projet public Fleuve à colorier déployé sur le territoire de la MRC de Rivière-du-Loup en 2024. Les cinq œuvres réalisées ont ensuite bénéficié d’une seconde mise en valeur l’année suivante au parc du Campus-et-de-la-Cité. Ces initiatives témoignent de son ancrage territorial et de sa volonté de faire dialoguer l’art avec les lieux, les gens, le paysage.

Cette entente devient donc une extension naturelle de ce lien déjà tissé entre l’artiste et l’institution.

Une vision en rhizome

Notre vision repose sur une idée simple, inspirée du concept du rhizome : la culture ne progresse pas en ligne droite, mais par un réseau de connexions souterraines, multiples, imprévisibles.

Créer des ponts entre les galeries, les artistes et les musées, c’est inventer de nouveaux leviers de financement, mais aussi ouvrir de nouvelles voies de communication. C’est reconnaître que le rayonnement culturel passe par la collaboration plutôt que par l’isolement.

Dans cet esprit, nous travaillons actuellement à jeter les bases d’un événement futur de levée de fonds destiné au Musée du Bas-Saint-Laurent, en partenariat avec une grande musicienne québécoise et Chloé Giroux-Bertrand, qui créera pour l’occasion un corpus d’œuvres inédit.

Parce que soutenir un musée, ce n’est pas seulement préserver un bâtiment : c’est préserver un lieu où l’on peut encore apprendre à regarder, à ressentir, à habiter le monde autrement.

Soutenir directement le Musée

Si cette réflexion vous interpelle, vous pouvez également contribuer directement au soutien du Musée en faisant un don ici.

Chaque geste compte pour préserver ces lieux essentiels de beauté, de pensée et de présence.

Par Camille Paradis, propriétaire et directrice artistique chez Champagne & Paradis, en collaboration avec Chloé Giroux-Bertrand et l’équipe du Musée du Bas-Saint-Laurent

Mention de source pour les images de l’article : 

  1. Photographie de la façade avant du Musée du Bas-Saint-Laurent : Maxime Varenne
  2. Vue de l'exposition Ces liens qui nous tissent : Jean-François Lajoie
  3. Photographie de l’oeuvre extérieure de Chloé Giroux-Bertrand : Guillaume Monette



Écrire un commentaire

Les commentaires seront approuvés avant leur publication.